Alors que le sonnet persiste, même redéfini, chez les poètes contemporains, le rondeau, l'une des plus belles formes de la poésie de mon point de vue, est tombé en désuétude et n'intéresse pas grand monde aujourd'hui. Je ne comprends pas pourquoi. Avec les mots et les expressions de maintenant, on peut bâtir des rondeaux très chouettes.
Le rondeau normal a 13 vers, un de moins que le sonnet, et deux rimes (une masculine une féminine) arrangées de la sorte : AABBA AAB AABBA. Il est écrit en vers de 8 ou de 10 syllabes, mais jamais en alexandrins. (J'adore le décasyllabe, à cause de la poésie du 16 ème siècle). Le rondeau normal est divisé en 3 parties (5 vers puis 3 puis 5) mais comporte un refrain qui n'est autre que les premiers mots du poème, venant s'ajouter comme deux vers supplémentaires à la fin de la seconde et de la troisième partie du rondeau..Et c'est ça qui me plaît ! Ce rythme que donne le refrain au poème. Quand on écrit un rondeau en octosyllabes, on fait un refrain court, on peut le faire un peu plus long si c'est en décasyllabes.
Il existe une autre forme de rondeau, appelée rondeau redoublé, qui ne ressemble que d'assez loin au normal. Il a aussi deux rimes, mais 6 strophes de 4 vers (quatrains) à rimes croisées. Le rythme est donné là par la répétition des vers de la première strophe : le premier vers devient le dernier du second, le second le dernier du troisième, le troisième le dernier du quatrième, et le quatrième le dernier du cinquième. Les premiers mots du poèmes sont répétés en refrain à la fin du sixième. C'est assez difficile mais ça vaut le coup. J'étais assez fière de l'épithalame en rondeau redoublé "avril en juin" composé pour le mariage d'O.D et S. Avril.
EC.