LA FEE DE LA GROTTE
(traduction en rondeau du sonnet de Nerval El Desdichado. Extrait de "Je suis le ténébreux de Camille Abaclar (voir ci-contre))
Le ténébreux, le veuf, l'inconsolé,
C'est moi, le monarque au luth constellé.
Près de Bordeaux ma tour est abolie :
J'ai donc sombré dans la Mélancolie
Ma seule étoile ayant dégringolé,
Et le soleil pour moi s'étant voilé
Jusqu'à noircir son front auréolé
Pour devenir moi-même en sa folie
Le ténébreux.
Sans doute au tombeau m'as-tu consolé
Mais mon jasmin latin, tu l'as volé.
Amour à Phébus jamais ne s'allie
De ton baiser ma figure est salie
Sainte ou sirène, ah, tu as bien roulé
Le ténébreux